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37 milliards de la zone euro pour sauver 4 banques espagnoles

La question était en suspend depuis de nombreux mois mais le gouvernement espagnol, sans pour autant refuser un soutien de la zone euro pour sauver son système bancaire, avait jusqu’à présent toujours reculé l’échéance.

Le ministre des finances espagnol, Luis De Guindos a annoncé officiellement une aide de 37 milliards d’euros qui sera doute versée dans quelques semaines. La manne financière du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) sera destinée à 4 banques d’Etat : Bankia, Banco de Valencia, Catalunya Caixa et Novagalicia.

Une aide plafonnée à 100 milliards

L’Union Européenne s’était dite prête en juin dernier à débloquer jusqu’à 100 milliards de dollars d’aide aux banques espagnoles. Toutefois, le gouvernement continue d’évaluer ses besoins à 40 milliards d’euros.

Bankia : un sauvetage difficile

L'aide financière de l'europe à l'EspagneBankia est sans doute le cas le plus difficile du secteur bancaire espagnol. La 4ème banque du pays a accumulé des dettes considérables au point qu’elle a nécessité en mai dernier une intervention directe des pouvoirs publics espagnols à hauteur de 23 milliards d’euros. Rappelons que Bankia est née de l’association en décembre 2010 de 7 caisses d’épargne madrilènes (dont la Caja Madrid qui est majoritaire).

Des créances douteuses en hausse

L’éclatement de la bulle en 2008 ne finit pas de faire des dégâts et en premier lieu parmi la population dont le nombre d’expulsés ne cesse de grimper. En Espagne comme ailleurs, le système bancaire et ses dérives a entrainé toute l’économique du pays dans la tempête.

Il y a quelques jours, la Banque d’Espagne a annoncé que les créances immobilières douteuses dépassaient les 180 milliards de dollars d’euros. Dès lors on imagine combien sera essentiel le rôle que tiendra la future « Bad Bank », chargée de racheter les emprunts toxiques. Mais que pour le mécanisme fonctionne, il faudra que la « Sareb » trouve preneur, ce qui sera sans doute plus compliqué.

Rappelons le fonctionnement en trois phases du mécanisme qui a été mis en place par le gouvernement espagnol et imposé par la zone euro :

  1. la zone euros prête jusqu’à 100 milliards d’euros à l’Espagne, à priori beaucoup moins.
  2. Les pouvoirs publics via la SAREB rachètent les emprunts toxiques auprès des banques en difficulté, suivant des règles strictes (plancher minimum d’actifs, décote…)
  3. La SAREB se charge ensuite de les revendre. Pour se donner toutes les chances, elle ne reprendra les emprunts toxiques qu’après avoir appliqué une décote très importante des actifs qu’elle reprend.

A l’heure où les espagnols redoublent de mécontentement et ou l’identité Catalane fait redouter à nouveau le spectre de l’indépendance, le gouvernement va jouer gros dans les mois qui viennent.

 

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