Accueil » Actualités » Le CIF, géré à l’extinction

Le CIF, géré à l’extinction

Le sentiment qui prime chez l’ensemble des salariés du Crédit Immobilier de France, mais aussi chez tous les professionnels, est bien celui d’un gâchis considérable. Comment le dernier établissement spécialisé indépendant a t-il pu en arriver là ? Pourquoi a t-il refusé de changer son modèle économique quand il était encore temps ?

Une décision controversée

La manifestation organisée par les 1700 salariés du groupe devant le siège social du CIF à Paris et la réunion du 13 septembre entre les syndicats et le directeur général délégué ne devraient pas influencer les pouvoirs publics. Ces derniers ont en effet décider que la gestion du groupe s’effectuerait  « en extinction ». En clair, l’État garanti les encours mais pas la production à venir, ce qui signifie que l’établissement n’est plus autorisé à prêter de l’argent, alors même qu’il affiche plus de 2 milliards de capitaux propres et reste à ce jour une entreprise rentable. La décision des pouvoirs publics a de quoi surprendre.

Les marchés suivent-ils à ce point les recommandations des organismes de notation comme Moody’s qu’ils ne font pas confiance à une entreprise rentable et présentant un bilan plus que présentable ? La question se pose d’autant plus que l’agence n’a pas détaillé sa décision.

Un modèle économique dépassé

Pourtant, le Crédit Immobilier de France, alerté à plusieurs reprises sur son modèle économique, aurait sans doute dû modifier sa politique commerciale depuis longtemps. Tous les prêteurs ont besoin des dépôts de leurs clients car ils leur permettent d’octroyer des prêts sans être contraints de se refinancer sur les marchés. En n’ayant pas pris les bonnes décisions au bon moment, l’établissement a crée une dépendance qui a finit par le fragiliser et finalement a causé sa perte.

La crise financière va donc faire -sauf retournement de dernière minute-  une victime de plus et 2500 personnes risquent de perdre leur emploi.

A la recherche d’un repreneur

La question de l’adossement du CIF à une banque de dépôt a pourtant fait l’objet de plusieurs tentatives par le passé mais aucun accord n’a pu être trouvé. Il s’agit pourtant de la seule solution pour que l’activité du Crédit Immobilier de France devienne pérenne.

On sait que la Banque Postale, dernière à avoir été sollicitée, a finalement refusé. Le risque tient au fait que le portefeuille est basé  pour l’essentiel sur des taux variables indexés et que les emprunts sont à durées longues, ce qui a sans doute refroidi les ardeurs de la direction de la Banque Postale.

© 2012 Fil du crédit | Agence web CUBE
En poursuivant votre visite, vous acceptez l'utilisation des cookies pour que nous puissions vous proposer une navigation personnalisée et des services fonctionnels.
En savoir plus