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Le CIF va t-il pouvoir continuer à prêter à ses clients ?

En grandes difficultés financières, le Crédit Immobilier de France espère toujours que son rachat par la Banque Postale finira par se faire. Pourtant l’opération semble compromise et le report de la décision de la filiale de la Poste ne laisse présager rien de bon. Son président, Philippe Wahl, considère même que pour l’instant les conditions ne sont pas réunies.

Cette hésitation tient-elle aux préoccupations actuelles de la Banque Postale dans le dossier Dexia ou au contraire doit-on y voir un signe supplémentaire d’un prochain refus.

Un refinancement auprès des marchés de plus en plus impossible

La grande difficulté du CIF tient au fait que toute sa politique de prêts immobiliers est basée sur sa capacité à se refinancer auprès des marchés. Cette dépendance tient au fait que l’établissement spécialisé ne dispose pas de dépôts sur lesquels il pourrait s’adosser pour octroyer des prêts.

Dans ce contexte, la rétrogradation de trois crans par l’agence de notation Moody’s va rendre la situation du Crédit Immobilier de France encore plus difficile, du fait de la perte de confiance que cette baisse occasionne auprès des autres banques.

Le dernier spécialiste indépendant du prêt immobilier

Avec un encours de prêts immobiliers estimés à plus de 30 milliards d’euros, le CIF se démarque des banques universelles par une clientèle d’emprunteurs à revenus modestes et de primo-accédants. On peut donc craindre que sans solution de reprise, son manque de liquidité constitue une vraie mauvaise nouvelle pour un marché de l’immobilier en manques d’aides financières et particulièrement mal en point.

Le Crédit Immobilier de France reste par ailleurs le dernier spécialiste indépendant, Cetelem immobilier appartenant à BNP-PARIBAS et le Crédit Foncier étant une filiale des Caisses d’Épargne.

L’État va t-il intervenir ?

Si la situation ne s’améliore pas et on ne voit pas comment elle pourrait l’être et sans programme de reprise par une banque de dépôt, on peut craindre le pire. L’agence Moody’s a déjà menacé l’établissement d’une prochaine dégradation plus importante de la note (de 9 crans supplémentaires).

A moins que la Banque Postale ne donne une réponse positive ou qu’un autre établissement ne se manifeste (ce qui paraît peu probable), l’Etat sera contraint d’intervenir. On voit mal un gouvernement de gauche ne pas venir au chevet du prêteur des revenus modestes.

Rappelons que le Crédit Immobilier de France est mêlée à l’affaire Apollonia qui fait l’objet de plusieurs enquêtes et dont l’issue juridique n’est pas encore connue.

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