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L’accès au crédit reste difficile au second trimestre 2012

La lecture du rapport trimestriel publié le 25 juillet par la Banque Centrale Européenne n’apporte rien de nouveau sur la situation du crédit dans la zone euro mais elle confirme que nous sommes encore loin d’une sortie de crise et le rapport de 51 pages de l’enquête démontre l’impuissance des instances de régulation et plus particulièrement de la BCE à agir sur les banques.

Cette enquête, menée 4 fois par an, porte sur la distribution des crédits dans la zone euro et concerne tous les prêts (crédits à la consommation et emprunts immobiliers) à destination des particuliers et des entreprises.

La dernière étude a été menée du 21 juin jusqu’au 5 juillet auprès de 130 banques. Elle a pour objet de suivre l’évolution du comportement des banques entre le premier et le second trimestre 2012 et d’établir des projections sur le troisième trimestre de l’année. Elle comporte trois questions précises:

  1. Accès au crédit de plus en plus difficile« L’incidence des turbulences financières sur l’accès au crédit de détail et au financement sur le marché interbancaire » : les banques notent que la situation s’est dégradée par rapport au quatrième trimestre 2011 et les choses devraient se détériorer un peu plus lors du trimestre prochain. Concernant le financement sur le marché inter-banques, on peut être étonné de se trouver dans un tel embarras après les baisses historiques des trois taux directeurs de début juillet.
  2. « Les répercussions de la crise de la dette souveraine » : les banques rappellent combien le problème des dettes souveraines et en particulier celles des États le plus en difficulté, crée une tension qui impacte les conditions de marché. La pression qui s’exerce sur les épaules de la BCE devrait donc s’accentuer dans les semaines à venir car ceux qui réclament son intervention massive sont de plus en plus nombreux.
  3. « L’incidence probable des modifications réglementaires en cours sur les critères d’octroi des crédits« . Il est clair que l’exigence de « Bâle 3 » influence fortement la position des banques qui cherchent à réduire le risque de crédit et pondèrent ainsi les actifs figurants aux bilans pour augmenter leur ratio de fonds propres. Il est donc clair que la situation résulte en partie des critères économiques imposées au système bancaire.

Les efforts de la BCE sont effet sur les banques

Toutes les interventions de la Banque Centrale Européenne en faveur des banques ne semblent donc pas porter leurs fruits et les prêts massifs accordés par l’institution monétaire n’a pas permis de relancer la machine.

Les récentes baisses historiques des trois taux directeurs de début juillet n’ont eu aucun impact. On se rappelle que la BCE avait décidé d’abaisser le taux de refinancement qui sert d’indicateur au prêts immobiliers de 1 à 0,75%, le taux de prêt marginal était quant à lui passé à 1,50%, au lieu de 1,75% et l’institution de Francfort avait même décidé pour la première fois de ne plus rémunérer les banques sur leurs dépôts. Il est clair que la BCE apporte son soutien aux banques mais n’a pas les moyens politiques d’exiger quoi que ce soit en retour.

Les raisons de la détérioration de l’accès au crédit

Le durcissement des conditions bancaires

Dans les résultats relevés sur le rapport, on note que 10% des banques sondées ont à nouveau durci leurs conditions d’accès au crédit au cours des trois derniers mois contre 9% des banques au trimestre dernier. Cela signifie donc que la crise du crédit est désormais une constante de la politique bancaire dans la zone euro.

Si on regarde en détail les statistiques, on constate que les conditions liées à l’octroi des prêts immobiliers font l’objet d’un resserrement plus marqué (13% contre 7% pour les crédits à la consommation). Les conditions de prêts aux entreprises restent par ailleurs plutôt stables alors qu’elles se sont nettement dégradées pour les prêts destinés aux ménages.

Les projections sur le troisième trimestre 2012 ne font que confirmer cette tendance puisque les banques s’attendent à une nouvelle baisse de l’ordre de 5% des prêts au logement et de 2% des prêts à la consommation.

Une baisse de la demande

Une autre raison de cette détérioration tient à une détérioration de la demande en provenance des entreprises comme des ménages. Cette baisse est d’ailleurs plus forte pour les prêts destinés aux entreprises du fait d’une baisse des investissements. Toutefois, on note un certain ralentissement de cette désaffection (-25 % au lieu de -30% au premier trimestre).

La demande des ménages pour un achat immobilier ne se porte pas mieux et le ralentissement s’accentue même puisqu’il est de -43% par rapport à -21% au premier trimestre.

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