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Le Crédit Agricole SA veut cèder Emporiki Bank

La décision du Crédit Agricole SA de mettre en vente sa filiale grecque Emporiki fait suite à 6 années de galère qui ont coûté la « bagatelle » de 6 milliards d’euros à la banque française.

Bilan des six années passées au sein de la crise grecque

2006 : le marché grec est en pleine croissance

Croissance grecque en 2006En 2006, le Crédit Agricole SA qui veut se donner une dimension internationale lance une offre amicale auprès de la banque Emporiki Bank Of Greece SA dont il détient déjà une participation de 7%, démontrant toute la confiance que la banque française plaçait alors dans le marché grec. Il faut dire que les progrès réalisés à l’époque par les banques grecques les rapprochaient de leurs homologues européennes et laissaient entrevoir des perspectives intéressantes.

Après avoir réalisé l’opération, le Crédit Agricole mettait en place un plan quinquennal pour la période 2007-2011, visant à réformer sa nouvelle filiale grecque en profondeur et à la rendre compétitive en augmentant le produit net bancaire et les fonds propres.

Les espoirs que le Crédit Agricole SA plaçait en Emporiki étaient à la hauteur des moyens déployés. Pour mener à bien ses actions de développement dans le Sud-est de l’Europe,  le directeur général d’Emporiki Bank de l’époque annonçait l’ouverture de 265 nouvelles agences et la création de 2250 nouveaux postes.  Ces objectifs semblaient réalisables pour un marché grec dont le taux de croissance du PIB était du double que le reste de l’Europe.

Le temps des désillusions

Emporiki et Crédit AgricoleEn mars 2009, soit deux ans et quelques désillusions plus tard, CASA annonçait une perte de plus de 300 millions d’euros pour le dernier trimestre de l’année 2008, provenant pour l’essentiel des difficultés de sa filiale grecque. La crise était passée par là et les risques pesant sur le marché hellénique allaient éclater au grand jour.

Les années suivantes allaient confirmer toute la difficulté du marché grec à se relever de la récession dans laquelle il était entré. Emporiki Bank ne devait jamais atteindre ses objectifs et le Crédit Agricole allait devenir la banque française la plus exposée au risque grec.

En juin 2010, la banque verte dépréciait une nouvelle fois sa filiale grecque de l’ordre de 350 millions d’euros et annonçait que de nouvelles pertes étaient envisagées pour 2011, repoussant une fois encore le retour aux bénéfices. 2012 allait en fait sonner le glas de la présence du CA en Grèce.

Une vente inévitable

Le redressement opéré par le Crédit Agricole en 2009 au sein de sa filiale n’a pas suffit à redresser la situation et les pertes accumulées en cinq ans par Emporiki s’élèveraient à quelques 4 milliards d’euros, sans compter le coût lié à l’acquisition. Dès lors, il n’est pas étonnant que CASA, qui avait commencé à réduire son exposition à la crise grecque depuis plusieurs mois, décide de se séparer de ce boulet. Certaines banques se seraient déjà manifestés, notamment les banques grecques dont Eurobank et Alpha Bank.

Les pouvoirs publics grecs posent des conditions

La vente devra faire l’objet d’une recapitalisation. Ce préalable a été fixé par le fonds grec de soutien aux banques qui souhaite que la cession s’effectue sur des bases financières saines. Cela peut se comprendre dans la mesure où les candidats à la reprise sont des banques nationales et que le fonds a vocation à intervenir auprès d’elles en cas de difficulté.

C’est donc à priori au Crédit Agricole de mener à bien cette action, ce qui pourrait lui coûter entre 2 et 3 milliards d’euros supplémentaires.

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