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Manipulation sur le Libor : des banques françaises visées

Le scandale lié aux manipulations des taux interbancaires prend de l’ampleur et s’étend aujourd’hui à 4 banques européennes dont deux françaises : la Société Générale et le Crédit Agricole.

La semaine dernière, les autorités américaines et britanniques révélaient que la Barclays avait manipulé le Libor, un taux interbancaire servant d’échange à 350 000 milliards de produits financiers dans le monde. Plusieurs enquêtes internationales étaient alors lancées, visant d’autres établissements comme HSBC ou UBS. On pensait alors que les banques françaises étaient hors de soupçon.

Les banques se seraient entendues entre elles

europe criseC’est le Financial-Times qui a relayé l’affaire ce matin. On apprend qu’une banque allemande Deutsche Bank et deux banques françaises, le Crédit Agricole et la Société Générale seraient dans le collimateur des autorités de contrôle.

Ce sont au total une vingtaine de banques qui font désormais l’objet d’enquêtes à travers le monde. Même s’il faut attendre que les investigations soient terminées, beaucoup sont d’ores et déjà convaincus que plusieurs établissements se sont entendus entre 2005 et  2009, période à laquelle se sont déroulés les faits.

On peut penser par ailleurs que les banques se montreront coopératives et faciliteront le travail des enquêteurs, ce qui leur permettra de bénéficier d’un rabais sur d’éventuelles amendes. Ce fut le cas pour la Barclays dont l’amende avait été fixé à 360 millions de dollars (un record en la matière) et qui s’est vu accordé une remise de 30% pour avoir collaboré à l’enquête des autorités.

Le secteur bancaire dans la tourmente

Les malversations sur le Libor posent la nécessaire question de la réforme des mécanismes de fixation des taux interbancaires comme le réclament aujourd’hui les États-Unis. Mais ils soulèvent à nouveau le problème du contrôle des activités des banques universelles.

Quoi qu’il en soit, le secteur bancaire ne cesse d’être remis en cause depuis le début de la crise financière. Leur image s’est considérablement ternie auprès de l’opinion publique et il semble qu’elles ne respectent plus les règles prudentielles auxquelles elles sont pourtant soumises.

Les premiers responsables de la crise

En effet, que dire des banquiers américains, responsables de la bulle immobilière aux Etats-Unis ? Ces derniers ont multiplié par 7 l’encours des prêts hypothécaires et n’ont pas hésité à financer (à des taux élevés) à tour de bras les projets immobiliers de clients dont la solvabilité était plus que douteuse, en misant sur la seule hausse des prix. Le retournement du marché immobilier américain a tout fait voler en éclat.

Mais ce qui aurait dû être une crise immobilière outre-Atlantique a fini par ravager tous les rouages de la finance internationale. En jouant aux apprentis sorciers, les banquiers ont transformé, grâce au mécanisme de la titrisation, les prêts hypothécaires en des produits financiers commercialisables. Ils ont pu ainsi revendre des crédits qu’ils avaient eux même accordés et augmenter par la même occasion leurs fonds propres et restaurer leur capacité à prêter.

De nombreuses banques ont fait faillites comme Lehman Brothers et Bears Stearns et n’ont donc pas survécues à une crise qu’elles ont elles-mêmes provoquées. D’autres ont été sauvé d’extrême justesse grâce à l’intervention des pouvoirs publics.

Enfin, en spéculant sur les dettes souveraines et notamment celles de la Grèce, certaines banques ont contribué à dégrader la situation. Elles ont acheté en masse des « Credit Default Swaps » (CDS) qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement, provoquant ainsi une augmentation des taux d’emprunt à la Grèce.

L’affaire HSBC, soupçonné de complicité de blanchiment de capitaux et épinglé par le Sénat américain vient donc s’ajouter à la liste déjà longue des méfaits bancaires.

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