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L’Espagne dégradée sur sa note d’endettement à long terme

L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé de deux crans la note concernant l’endettement à long terme de l’Espagne. Le pays passe ainsi de BBB+ « qualité moyenne supérieure » à BBB- « qualité moyenne inférieure » mais peut encore être considéré comme une nation finançable. Il ne reste toutefois qu’une seule marche pour que l’économie espagnole touche le fond et passe dans la catégorie spéculative.

On reste maintenant dans l’attente de ce que va décider l’agence Moody’s qui devrait sans doute se prononcer avant la fin du mois d’octobre. Rappelons qu’en juin dernier, elle avait dégradé la note de crédit espagnol de A3 à BAA3, la plaçant dans cette situation quatre mois avant Standard & Poor’s.

Une situation économique particulièrement dégradée

Note de crédit abaisséeMême si les taux à 10 ans ne se sont pas envolés après l’annonce et restent en dessous de 6%, leur niveau reste particulièrement élevé et la menace d’une nouvelle envolée n’est pas à exclure.

Même si elle n’est pas au même plan que la Grèce, l’Espagne, qui reste le 4ème pays de la zone euro est un des pays les plus endettées de l’Union Européenne. Son économie est en récession depuis trois ans et continue de se dégrader. Tous les secteurs sont affectés. Les banques ne pas sont suffisamment recapitalisées, malgré l’aide financière de 100 milliards d’euros apportée par l’UE.

Comment pourrait-il en être autrement avec un taux de chômage qui touche près d’un espagnol sur 4 et plus d’un jeune sur 2. La forte dégradation du marché de l’emploi a évidemment des répercutions directes sur la consommation et fait chuter les ventes de détail qui continuent de souffrir du ralentissement de la demande des ménages. Les autres secteurs économiques restent également au plus bas comme le marché de l’immobilier, exsangue depuis plusieurs années.

Dans ce contexte, la politique d’austérité du gouvernement s’avère insuffisante et sans un retour à la croissance, l’économie espagnole n’aura jamais les recettes nécessaires pour atteindre l’objectif de réduction des déficits à 4,5% du PIB en 2013. Ce taux semble d’autant plus hors d’atteinte que l’’économie ne cesse de se contracter (-0,4% au 1er trimestre, -0,3% au second).

Le tour de vis du budget 2013 prévoit toutefois une baisse importante des dépenses et affecte tous les postes.

l’Espagne va t-elle enfin demander de l’aide à la BCE ?

Jusqu’à présent, le gouvernement de Mariano Rajoy s’est toujours refusé à demander l’aide de la MES (Mécanisme Européen de Stabilité) par crainte des contreparties qui lui seraient imposées par l’Union Européenne et la BCE. On peut comprendre son hésitation car la politique d’austérité actuelle est très mal vécue par le peuple espagnol comme en témoigne les importantes manifestations de septembre.

Mais la dégradation de sa note d’endettement pourrait finalement accentuer la pression sur l’Espagne et la faire changer d’avis. La BCE répondra en tout cas présent comme l’avait laissé entendre Mario Draghi son directeur.

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