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Pourquoi la BCE ne veut pas acheter de dettes publiques ?

Le refus de la Banque Centrale Européenne d’acheter de nouvelles obligations publiques continue d’alimenter la débat. N’empêche, la BCE se montre ferme dans sa position. Explications sur une crise qui joue les prolongations.

Il faut d’abord rappeler que les pays les plus englués dans la crise comme la Grèce, l’Espagne ou l’Italie ont déjà bénéficié de vastes programmes de rachat de leurs dettes. Et la BCE a largement mis la main à la poche, puisque depuis mai 2010, elle est intervenue pour racheter plus de 200 milliards d’euros d’obligations.

Oui mais voila, la crise s’éternise, les pays les plus en difficultés voient leur taux à 10 ans s’envoler et les mesures d’austérité sont à peine soutenables pour les populations. Dans ce contexte, le fait que la BCE n’ait pas acheté de dettes depuis 4 mois renforce l’idée que les fonds de secours FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) et MES (mécanisme européen de stabilité)  doivent prendre plus de responsabilités.

Les exigences de la BCE

La BCE ne rachète pas la dette des EtatsLa Banque Centrale Européenne a informé que si elle ne souhaite pas intervenir à nouveau sur le marché obligataire, c’est tout simplement parce que cela n’entre pas dans ses attributions. Elle rappelle que sa mission est d’assurer la stabilité des prix et estime que racheter les dettes publiques est désormais du ressort de la FESF.

Par ailleurs, l’institution de Francfort renvoie à nouveau les États à leurs responsabilités. On peut toutefois se demander ce que peuvent penser des pays comme l’Espagne ou la Grèce qui sont allés aussi loin qu’ils pouvaient dans l’application des mesures d’austérité et qui sont aujourd’hui au bord de l’explosion sociale.

Vendredi 20 juillet, la BCE est allé même plus loin en faisant savoir aux banques qu’elle n’accepterait plus le dépôt des titres émis par la Grèce. Cette mesure serait provisoire et la Banque Centrale attendrait que les membres de la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI) rendent leur rapport. Toutefois, celui-ci ne serait pas rendu avant la fin de l’été.

Une situation obligataire insoutenable

La situation des États les plus en difficulté est pourtant devenue insoutenable. Dès lors on voit mal comment ces pays pourraient s’en sortir sans une nouvelle intervention massive, dont celle de la BCE. En effet, la Banque Centrale Européenne dispose de moyens suffisamment radicaux pour inverser la spirale négative, comme la planche à billet.

Un nouveau plan de rachat des obligations grecques, espagnoles et italiennes auraient par ailleurs un effet immédiat en faisant baisser des taux longs devenus insupportables et en mettant fin aux spéculations.

Les taux à 10 ans viennent de franchir le cap de 7,50 % en Espagne, atteignant ainsi un nouveau record. Ils se situent au dessus de 6% en Italie alors qu’ils sont à peine à plus de 1% en Allemagne et qu’en France, le TEC 10 ans reste bas et se situe aux environs de 2%.

Cette situation contribue en outre à creuser l’écart entre les pays les plus affectés et ceux qui s’en sortent et qui arrivent à se financer à des taux bas.

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