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Pourquoi les banques limitent l’accès au crédit ?

Alors qu’il y a encore quelques années les banques étaient pointées du doigt pour se montrer trop laxiste dans l’octroi des prêts immobiliers, voilà qu’aujourd’hui, elles sont critiquées pour faire preuve d’une trop grande rigueur et sont même accusées de limiter l’accès au crédit.

Un contexte immobilier difficile

Ce retournement de situation ne signifie nullement que la banque ne souhaite plus prêter de l’argent à ses clients. L’activité de financement a toujours été une donnée essentielle de son activité et devrait le rester.

Oui mais voilà, les statistiques démontrent que le nombre de prêts immobiliers est en nette diminution. Les raisons évoquées par les professionnels tiennent le plus souvent aux difficultés que rencontre le marché immobilier. Les banques quant à elles affirment que la situation actuelle marque le retour à une plus grande rigueur et affirment qu’elles resteront un acteur majeur du crédit.

Il faut avouer qu’elles ont fait preuve de largesses dans le passé, en proposant notamment des financements à hauteur de 110%, à des emprunteurs dont le taux d’endettement dépassait largement le seuil de 33%.

Cette pratique ne résultait pas toujours d’une attitude responsable. Toutefois, le contexte s’y prêtait. L’immobilier ne cessait de grimper et favorisait la solvabilité des ménages. Ces derniers avaient toujours la possibilité de revendre le bien immobilier pour solder leur emprunt, tout en réalisant une belle plus-value

Les effets de « Bâle 3 »

Toutefois, le durcissement de la position des banques trouve son explication dans les effets de la crise financière. Elle est une conséquence directe de la décision des autorités de régulation d’imposer des ratios de solvabilité plus importants afin d’éviter de nouvelles faillites.

Ces contraintes figurent dans les accords « Bâle III » qui obligent les banques à grimper leur ratio de fonds propres à 10% à fin 2018, ce qui leur permettra de rester solvables, même dans les périodes de grave crise financière comme celle que nous connaissons.

Pour atteindre cet objectif, les banques disposent de plusieurs moyens. Elles peuvent par exemple décider d’améliorer le passif de leur bilan, comme l’a fait Crédit Suisse qui vient de procéder à une augmentation de son capital. Elles peuvent aussi réduire leurs frais de manière drastique afin d’améliorer le résultat comptable.

Un autre moyen consiste à agir directement sur l’actif du bilan et à diminuer les montants que le passif doit couvrir. Comme il n’est pas souhaitable de diminuer le montant des dépôts qui proviennent des clients, les banques limitent donc le niveau des risques à couvrir et en premier lieu le risque de crédit.

C’est ce qui se produit à l’heure actuelle. Les organismes de financement exigent de plus en plus souvent que le ménage dispose d’un apport personnel suffisant pour financer les frais annexes à l’acquisition comme les frais de notaire et de garantie. Les banques de réseau ont également diminuées la durée moyenne des prêts immobiliers.

La situation risque donc de durer jusqu’à ce que les banques aient atteint l’objectif de ratio de fonds propres, en espérant que les emprunteurs n’aient pas attendre jusqu’à fin 2018 pour retrouver une situation normale.

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